Épisode podcast

~ Dialogue avec Sab ~

  • Balade avec Sab
    par Le son et la plume

    Balade avec Sab. Une personnalité unique en mêlant sa plume aux vibrations des cordes de sa […]

Transcription de l’épisode

Le son et la plume
Bienvenue sur Le son et la plume. Aujourd’hui, je vais vous parler d’une artiste qui a appris la musique, comme on dit, par autodidactisme, c’est-à-dire seule… pas tout à fait, presque. C’est une manière d’auto-apprentissage. On peut partir effectivement d’un prof de musique et ainsi de suite. Elle a une attraction particulière pour le théâtre, le dessin, le clown, l’impro et bien entendu la musique. J’ai le plaisir d’accueillir SAB. Bonjour, SAB.

SAB
Bonjour.

LSP
Quand je regarde ton parcours solo… On est en 2024, des singles, un premier EP, une accélération ou un rythme assez impressionnant.

SAB
Ben, on essaie de sortir des choses assez régulièrement. D’abord parce qu’on a envie de faire découvrir petit à petit mon univers, et puis parce que c’est important aujourd’hui d’alimenter les plateformes, les réseaux sociaux, YouTube. Nous, ça nous fait plaisir parce qu’on se dit que chaque nouveau morceau, c’est une occasion supplémentaire de montrer autre chose, d’aller encore un peu plus loin dans la découverte et l’exploration du projet. Donc effectivement, on se donne un peu de mal pour être le plus régulier possible, mais c’est que du plaisir.

LSP
Alors, tu utilises le « on »… Je crois qu’il y a une équipe. Tu peux parler de qui est ce « on » ?

SAB
J’utilise le « on » oui, parce qu’effectivement, il y a une équipe derrière moi. Je suis signée dans un label qui s’appelle Panach Records. À sa tête, il y a mon producteur qui s’appelle Marc Postelvinet. C’est un peu grâce à lui que tout a commencé. C’est lui qui m’a repéré et qui m’a proposé de signer dans son label, et c’est lui qui m’accompagne quasiment quotidiennement sur mon projet. Il y a une équipe de communication aussi, rattachée au label, une équipe de marketing, les équipes qui s’occupent des clips, celles qui s’occupent des instrumentales… Moi, je participe à ça, mais voilà, il y a d’autres gens qui travaillent aussi.

On met souvent en avant l’artiste comme figure principale. Alors, c’est vrai, l’artiste est au moteur. S’il n’y a pas d’artiste, il n’y a pas de projet. C’est avant tout lui qui le porte, mais ce ne serait pas possible sans tous ces gens-là qui travaillent un peu derrière, un peu cachés, mais qui sont en fait très, très présents et indispensables.

LSP
Tout ça pour rien… Je me rappelle de cette guitare-voix sur Instagram que tu avais postée. Ça m’a époustouflé, ça m’a saisi d’émotion, et je crois que je n’ai pas pu m’empêcher de te contacter. Tu as dû avoir de belles réactions aussi sur Instagram. C’est le réseau que tu privilégies ?

SAB
Oui, j’aime bien Instagram parce que je trouve qu’il y a un contact vraiment très direct avec les gens. Ils peuvent t’envoyer un message, réagir en mettant un like ou en likant ta story. Donc, moi, je le vois tout de suite. Ils peuvent te mentionner dans leur story. Donc, de la même manière que toi tu les inclus dans ta vie d’artiste, eux ils t’incluent dans leur vie quotidienne. Et je trouve que ce lien direct, bah, je m’y retrouve bien.

J’ai un peu moins ça sur TikTok. Ça demande peut-être plus de contenu, il y a un côté un peu plus éphémère. J’ai peut-être encore un peu de mal à vraiment connecter avec les gens via TikTok, mais ça viendra peut-être. En tout cas, Instagram, c’est vrai que c’est devenu mon réseau coup de cœur parce que justement, j’ai cet échange avec les gens qui est hyper intéressant et très précieux quand tu es artiste émergent. Parce que si tu n’as pas le retour des gens, bah, c’est compliqué de continuer.

Moi, je sais que c’est un vrai moteur quand on m’envoie des messages et qu’on me dit : « J’ai vraiment aimé cette chanson », ou « Je me suis reconnu dans telle ou telle chanson ». Les gens peuvent te raconter leur histoire, te donner des anecdotes, et tu te rends compte que ta chanson va avoir une portée bien plus grande que ce que tu imaginais à la base. Et ça, c’est permis par Instagram particulièrement.

LSP
J’ai vu tes stories. Alors, je vais me saisir d’une question qui a été posée sur une de tes stories où tu disais que tu avais besoin, ou que tu aimes avoir plusieurs projets, que ça ne te fait pas peur. Et c’est vrai que quand je regarde ton parcours, tu as un parcours artistique, musical et académique. Les études, c’est impressionnant. Comment fait-on pour conjuguer tout ça ?

SAB
C’est vrai que moi, j’ai depuis toute petite toujours voulu faire des études. Pas pour faire de grandes études ou pour le prestige, ou faire partie d’une élite, pas du tout. C’était vraiment plus le côté intellectuel, d’apprendre. Moi, j’ai un besoin d’apprendre qui est constant, que ce soit à la fac ou ailleurs. Et c’est vrai que la fac, c’était un lieu parfait pour apprendre des choses.

Et comment on fait pour allier ça avec la musique ? Ben, on s’organise bien. Je pense que c’est beaucoup une question d’organisation, de consacrer le temps qu’il faut pour telle ou telle chose. Après, pour être tout à fait franche, il y a forcément un moment où il y a un choix à faire. Il y a forcément un moment où il faut privilégier l’un sur l’autre. Et après, ça dépend vraiment de la volonté qu’on a de poursuivre ou non. Et moi, en l’occurrence, la volonté que j’ai, c’est évidemment de poursuivre, et ma priorité aujourd’hui…

LSP
Tu as un parcours littéraire, philosophique. J’imagine qu’il y a des auteurs, des autrices qui ont été des sources, des ressources qui t’ont marquée.

SAB
La première chose que j’ai écrite, ce n’est pas de la musique, c’est vraiment de la poésie. Je me suis amusée à trouver cette musicalité dans les mots, qu’on retrouve vraiment dans la poésie. Je lisais beaucoup Aragon, par exemple. Je lisais aussi beaucoup Marguerite Duras. Là, on était plus dans le roman ou le théâtre, mais j’adorais cette manière qu’elle avait de lier des mots qui ne vont pas trop ensemble et de jouer avec les images. Donc, moi, j’ai vraiment tiré mon inspiration notamment de ces deux auteurs qui m’ont beaucoup marquée.

En philosophie, j’ai l’impression qu’il y a de la philosophie un peu partout. On philosophe tout le temps sans même s’en rendre compte. Je n’ai pas forcément d’auteur qui m’a inspirée en matière de texte et d’écriture, mais en lisant des auteurs de philo, notamment avec mes études, j’ai lu pas mal de choses sur les théories de l’État, etc. On ne s’en sert pas forcément pour la musique, mais par contre, ça amène à réfléchir à la question de structure, de pouvoir.

Et en fait, quand tu es dans l’industrie musicale, c’est intéressant de voir que certaines réflexions peuvent se transposer aussi dans ce milieu-là. Donc, pas forcément dans les textes ou la création en tant que telle, mais plus dans l’appréhension du monde, de l’univers de l’industrie musicale.

LSP
La guitare, la musique… Parlons-en. Je crois que dans ces formes d’apprentissage que tu évoques, dans lesquelles tu te sens bien, il y a aussi l’autodidactisme, cette manière, cette façon d’apprendre, d’aller chercher des auto-apprentissages. Et je crois que la guitare en fait partie, hein ?

SAB
Alors, j’ai eu un prof de guitare quand même qui m’a donné les bases. J’ai arrêté au bout de 4 ou 5 ans, quand j’estimais que je maîtrisais mon instrument. Parce que voilà, je ne voulais pas être particulièrement guitariste ou pouvoir faire des gros solos à la Slash, tu vois ? Ce n’était pas l’idée à la base. Mais j’avais la maîtrise de mon instrument, et surtout, j’avais compris le mécanisme de comment la musique fonctionne.

Et après, j’ai appris le piano seul, effectivement, en autodidacte. Je pense que j’aurais eu du mal à prendre le piano seul si je n’avais pas eu cette base en guitare, parce que justement, ça m’a appris à comprendre comment la musique fonctionne : pourquoi les accords vont bien entre eux, pourquoi à l’oreille ça sonne bien, pourquoi il y a des trucs qui marchent plus que d’autres, pourquoi on parle de registre… Tu vois, des choses comme ça.

Et donc, du coup, j’ai découvert le piano, et je suis vraiment amoureuse de cet instrument. Je me suis dit : « C’est simple, il y a des touches de deux couleurs, donc finalement, ce n’est peut-être pas si compliqué que ça. » Bon, en fait, c’est un peu simpliste ce que je dis. Le piano, ça reste quand même assez compliqué, mais quand tu veux avoir juste des bases, bah, finalement, tu peux tâtonner ton piano et apprendre seul.

Moi, j’ai commencé à apprendre le piano, et très vite, j’ai composé dessus. Ça a été aussi une manière d’apprendre le piano en composant. Voilà, donc c’est comme ça que j’ai découvert cet instrument-là. Pour l’instant, ce sont les deux instruments que je maîtrise à peu près.

Quand je compose, en général, je choisis un des deux instruments, parce que je ne vais pas composer de la même manière. Je sais que quand je suis au piano, je fais souvent des ballades, des choses un peu plus mélancoliques. Et quand je veux composer une chanson un peu plus rythmique, naturellement, je vais aller vers la guitare. Donc, effectivement, je vais garder cet instrument tout au long du processus de composition. Ce qui n’empêche pas après de faire une instrumentale totalement différente de la version maquette d’origine. Mais en général, c’est vrai que je n’allie pas trop les deux : je fais soit l’un, soit l’autre.

(Pause Musicale)


La première chanson que j’ai écrite dans l’EP, c’est la chanson qui s’appelle Tout ça pour rien. Et paradoxalement, c’est la première chanson que j’ai écrite au moment où je voulais complètement arrêter la musique. J’ai eu un moment comme ça où j’avais eu des déceptions. Je te parlais tout à l’heure de l’industrie musicale : ça a son lot de difficultés, de potentielles déceptions. Et à ce moment-là, j’avais l’intention de vraiment arrêter

Puis après, il y a d’autres chansons qui sont venues… Pardon, c’est mon chien. Décidément, aujourd’hui, on n’a pas de chance. Je vais aller la chercher comme ça, elle me laissera tranquille. Je reviens tout de suite, je vais te la présenter.

LSP
Ah oui, bien sûr, avec plaisir. Allez, on présente le chien dans le podcast, c’est super.

SAB
Voilà, le monstre. Voilà, le chien est avec nous. Normalement, elle devrait arrêter de pleurer.

Donc, je te disais, effectivement, tout est parti de Tout ça pour rien, qui était une chanson que j’ai composée au moment où je pensais complètement arrêter la musique. Et puis là, j’ai réalisé que la musique, c’était vraiment quelque chose de salvateur pour moi. Ça m’aidait à tenir, à supporter certaines déceptions, notamment amoureuses.

Puis après sont venues les chansons d’amour ou les chansons de rupture, Rira bien par exemple, qu’on a entendue. Et puis, je me suis aussi rendu compte que la mise en musique de mes textes me permettait de réfléchir à ce que j’étais, à mon propre développement. Donc, j’ai trouvé aussi toute une démarche plus de l’ordre du développement personnel.

J’ai beaucoup réfléchi à ce sentiment de solitude qu’on peut avoir même quand on est très entouré. Moi, j’ai souvent ce sentiment-là, d’être un peu parfois seul au milieu d’un groupe. Et je le voyais assez négativement avant. C’est là où j’ai écrit Minuit, qui parle un peu de ça. Et finalement, aujourd’hui, je ne le vois pas du tout négativement. Je le vois plutôt comme quelque chose de très positif, d’être en capacité de se ressourcer avec soi-même, y compris quand il y a du monde autour, et de cultiver sa singularité, sa différence.

Donc, c’est pour ça que je pense que Minuit, finalement, le mot qui résumerait un peu l’EP, c’est « processus ». Il y a eu un moment où je veux arrêter, et puis finalement, je me rends compte que non. Et puis, il y a d’autres quêtes un peu plus personnelles, des quêtes plus intérieures. Et tout ça, c’est un processus de vie finalement.

Et j’ai appelé l’EP Minuit parce que, bah, il y a une chanson qui porte ce nom. Et au-delà de ça, je trouve que minuit, c’est un peu l’heure où tout peut basculer. C’est une espèce d’entre-deux. Il y a un truc aussi de : après minuit, tu tournes la page de quelque chose qui est passé. Ce qui ne t’empêche pas d’en parler, d’avoir des souvenirs, de le relater dans tes chansons. Mais il y a ce truc de page qui se tourne, de jour nouveau, donc de renaissance d’une certaine manière.

LSP
Tu parlais des textes que tu as construits dans l’EP, dans tes compos. Est-ce qu’il y a aussi une mise en abîme ? Ce que tu vis, toi, tes bonheurs comme les déceptions, sont des sources d’inspiration de tes textes ?

SAB
Oui, complètement. En fait, tous mes textes partent d’un truc que j’ai vécu, grosso modo. Je crois que ça m’est très rarement arrivé d’écrire une chanson sans y mettre du personnel. Je pense que je n’y arrive pas. Et puis, effectivement, moi, c’est du personnel assez explicite. C’est-à-dire que l’on comprend quand même que je parle d’une expérience. On ne sait pas forcément que c’est la mienne personnellement, mais moi, je le dis effectivement.

Oui, ça part toujours d’une expérience très personnelle qu’après j’essaie de livrer. Et puis, il y a des gens qui peuvent s’y retrouver ou pas. Et ça, c’est assez beau aussi de se dire que la musique permet ça.

LSP
Et je crois que sans me tromper, ton public devine qu’il s’agit d’une expérience personnelle. Et je crois qu’il est touché et le partage en fait.

SAB
Ben, j’ai la chance d’avoir un public qui est très attentif, qui aime la musique profondément et qui aime la langue aussi profondément. J’ai la chance aussi d’avoir un public qui me ressemble, qui finalement comprend aussi certains aspects de ma vie.

Moi, je revendique clairement mon homosexualité. J’ai une partie de mon public qui effectivement se retrouve aussi là-dedans, et on le retrouve dans mes chansons, dans mes clips. Et c’est accueilli avec une bienveillance folle. Et ça aussi, ça fait du bien pour un artiste de trouver un public qui lui ressemble aussi.

LSP
Comment avez-vous travaillé la réalisation de l’EP ?

SAB
Pour toutes les chansons, à l’origine, moi, je les compose soit à la guitare, soit au piano. Et après, on a fait appel à ce qu’on appelle des réalisateurs. Le réalisateur de Saira, par exemple, s’appelle Corson et Boban. Ils étaient deux. Et en fait, leur signature, c’est quelque chose d’assez pop, d’assez variété.

On a fait appel à d’autres réalisateurs pour Rira bien, Minuit et Tout ça pour rien, qui sont des chansons un peu plus balades. En fait, ce sont des gens qui ont beaucoup de talent, parce qu’ils vont venir habiller quelque chose, y apporter un peu leur univers tout en respectant le tien.

On a fait comme ça des allers-retours sur des versions. Après, je suis allée enregistrer des voix définitives dans leur studio. Et puis, après, voilà, il y a le produit fini. On a voulu appeler différents réalisateurs pour donner différentes couleurs aussi aux chansons.

Et pour tout dire, on était aussi dans une quête de : qu’est-ce qu’on cherche comme sonorité, qu’est-ce qu’on veut exactement ? Et ça aussi, c’est la richesse d’un début, c’est qu’on va aller chercher des choses, qu’on va tester des choses qu’on ne va pas forcément retrouver plus tard. Ou peut-être que si. Et c’était un peu l’idée aussi de pourquoi on a appelé plusieurs personnes pour aller chercher des univers différents, mais aussi pour faire évoluer mon propre univers, de l’enrichir avec d’autres idées.

Ça rejoint un peu ce qu’on disait tout à l’heure sur le fait qu’il y a vraiment une équipe derrière. Il y a plein de personnes, et donc, quand on écoute une chanson, on écoute aussi toutes ces personnes.

On a fait super attention à ce que, malgré le fait qu’il y ait des personnes différentes qui sont intervenues sur la production des titres et la réalisation, effectivement, il y ait quand même une direction, que ça reste mon projet, que je reste la personne et l’artiste qui porte ce projet. Donc, il faut que ça me ressemble.

On ne voulait pas non plus s’enfermer dans un style unique. Donc, on a essayé d’enrichir certaines choses. Mais en fait, tout part d’un piano-voix, tout part d’une guitare-voix. Et je pense que c’est ça aussi qui crée l’unité. Tout part de là. Donc, finalement, il ne peut pas y avoir de différence immense entre deux titres, parce que tout part de là et tout part de ma petite tête, quoi.

LSP
Tu t’y retrouves bien dans les arrangements, dans les prods ? Tu retrouves ton essence ?

SAB
Je me retrouve totalement dans les arrangements qui ont été faits. Et puis, je me suis découvert aussi certains sons que j’adorais, qu’on m’a proposés. J’ai dit : « Mais oui, ce son-là, je le veux partout. Ce son-là, vraiment, je le veux sur toutes les chansons. »

Donc, c’est aussi ça, la richesse de travailler en équipe. C’est que certains vont apporter leurs idées, te proposer des choses, et moi, je vais pouvoir m’en emparer et dire : « Bah ouais, ça, j’adore, et j’aimerais bien que ce soit le fil rouge de l’album », par exemple.

LSP
Super. Donc, un travail en collaboration, en coopération avec toute l’équipe, des discussions autour des choix, des désirs. C’est bien ça ?

SAB
C’est ça, totalement. Un travail en collaboration.

LSP
En parlant de collaboration, quels seraient les artistes avec qui tu aurais envie de travailler, coécrire ?

SAB
Là, j’ai lancé un concept sur Instagram où j’écris des chansons pour d’autres artistes. Alors, sans forcément attendre que ces artistes me répondent et me disent : « Oui, on y va, on va écrire ensemble », mais parce que c’est vraiment des artistes sur lesquels moi, je me projette en termes d’écriture.

Donc, par exemple, j’ai écrit pour Stéphane, qui est une artiste que j’aime beaucoup, qui a une sonorité pop-rock, qui incarne un truc en termes de personnage aussi, et qui humainement est absolument exquise. Donc, j’ai écrit pour elle une chanson dans le cadre de ces vidéos-là. Donc, je pense que ça fait partie des premiers artistes pour qui j’aimerais bien écrire.

J’aimerais beaucoup écrire pour des artistes plus alternatifs aussi, donc pour sortir un peu de mon champ de compétence. Donc, un artiste comme Claude, ça me plairait beaucoup. Un artiste comme Achille, sur lequel je m’identifie pas mal sur les ballades en piano-voix. J’aime beaucoup ces univers, ces toplines. Donc, j’aimerais bien écrire pour lui.

Et puis, dans tout autre délire, j’aimerais beaucoup écrire pour Pierre de Maere. Je pense que ça pourrait être un sacré beau défi. Moi, j’attends son deuxième album avec impatience. Voilà, c’est un artiste aussi pour qui j’aimerais beaucoup écrire, parce qu’il fait des choses très différentes de ce que je fais. Et puis, je trouve qu’il porte un culot en lui qui est hyper intéressant. Et à mon avis, écrire avec lui, ça doit être assez délirant.

LSP
L’EP vient de sortir, c’est un bébé EP encore. Donc, là, on est dans une phase de promotion. C’est un mot un peu barbare, mais finalement, c’est assez indispensable. C’est cette diffusion, essayer de faire écouter cet album au plus de gens possible. Donc, là, on est dans cette phase-là.

SAB
Oui, dans cette phase-là, il y a des interviews, des plateaux radio, des choses comme ça. Voilà, pour l’instant, on est dans cette phase-là. Ensuite, on va rentrer dans une phase où on va aller chercher plus du live, pour essayer de chanter cet EP en live. Donc, ça, c’est la prochaine étape.

Et puis, on est aussi en parallèle clairement dans la phase de construction de la suite, donc de l’album à proprement parler. Le plus gros projet qui arrivera en fait bien vite finalement. Et donc, là, on est aussi en plein dedans. Donc, finalement, tout s’enchaîne assez vite.

LSP
Comment tu agis sur cet aspect-là de diffusion et de promotion ?

SAB
Ben, alors, moi, mon petit rôle là-dedans, c’est d’alimenter surtout mes réseaux sociaux. Donc, de faire des vidéos pour chanter mes chansons, les présenter aux gens. Et puis après, j’ai aussi une partie de mon équipe qui est dédiée à aller démarcher des médias, des radios, pour essayer de toucher un public que je ne touche pas naturellement juste avec mon compte Instagram.

Donc, c’est long, ça prend du temps, mais c’est aussi un aspect que j’aime bien.

LSP
Oui, bien sûr. Restons un peu sur l’équipe. Cette équipe est constituée de combien de personnes ? Tu peux nous la présenter ?

SAB
Je dirais qu’en cercle restreint, on est cinq à être vraiment quotidiennement en contact. Alors, il y a Marc, qui est mon producteur et qui dirige le label Panach Records. Il y a Justine, qui me file un coup de main sur plein de choses, notamment des aspects plus juridiques et techniques. Il y a Clara, qui s’occupe de m’accompagner au niveau des réseaux sociaux. Donc, clairement, on se parle tous les jours avec Clara.

Il y a Jérémy, qui s’occupe de toute la partie presse. Et puis, il y a Céline, qui s’occupe de toute la partie radio. Donc, eux, voilà, c’est une équipe. C’est grosso modo les gens avec qui je suis le plus en contact, de manière soit quotidienne, soit hebdomadaire.

LSP
Et bien, je salue toute l’équipe de Panach Records, et je vous remercie pour tout ce que vous faites pour les musiques actuelles. Merci de votre engagement, merci pour votre amour de la musique. Vous nous le rendez si bien, et on pense si peu à vous. Enfin, les artistes le pensent, la preuve est là.

(Pause musicale)

LSP
Allez, on continue. Ton aspiration à l’écriture, on le disait tout à l’heure, c’était les choses de ta vie que tu vis. Est-ce qu’il y a des moments propices à l’écriture ?

SAB
Oui, alors, il y a des moments propices à l’écriture. Je pense au soir particulièrement, quand il y a un peu de silence, quand on est un peu seul, et qu’on est prêt aussi à être un peu plus dans l’introspection. Donc, moi, j’écris beaucoup dans ces moments-là.

Ça m’est arrivé d’écrire aussi avec d’autres personnes. Donc, ce n’est pas un problème en tant que tel. Même, c’est assez enrichissant. Et donc, dans ces cas-là, on écrit effectivement plutôt en journée.

Mais en tout cas, moi, quand j’écris mes chansons seul, c’est plutôt le soir. Et en fait, je n’ai pas besoin d’une ambiance forcément particulière, parce que j’arrive à la provoquer en fait. J’arrive à provoquer un truc quand je me dis : « Il faut que j’écrive une chanson. » C’est parce que déjà intérieurement, je sens qu’il le faut, parce que j’ai quelque chose à expier, voilà, j’ai quelque chose à dire.

Et après, ça vient tout seul. Je commence à composer, donc à faire trois, quatre accords au piano, et je me dis : « Ah bah, en fait, j’ai envie de dire ça. » Et là, ça part. Donc, c’est voilà, une fois que c’est engagé, ça va tout seul.

LSP
SAB, quelle est la place du slam dans ta vie ?

SAB
J’ai commencé avec le slam au départ. Je ne voulais pas particulièrement chanter, parce que je pense que c’était une suite assez logique à l’écriture de la poésie. Et puis, ça me permettait de dire beaucoup de choses en peu de temps, d’avoir un bon gros débit. Moi, j’aime bien parler, donc là, c’était super.

Parce que mine de rien, quand on écrit une chanson, en termes de mots, on est quand même limité. Et ça, je n’aimais pas être limité en termes de mots. Et bon, finalement, j’aime bien. Et le slam effectivement, il a eu pour moi ce rôle d’introduction à la musique et d’introduction au chant aussi, paradoxalement.

Parce que j’écrivais des chansons de slam, mais avec par exemple des refrains chantés. Donc, il y a vraiment eu ce passage au chant qui a été progressif, qui n’a pas été instinctif du tout au départ, qui a été plus progressif, et qui a été introduit vraiment par le slam.

Et ça m’a permis aussi de saisir que les mots avaient plein de musicalités différentes. Et le slam est hyper intéressant pour ça.

LSP
SAB, est-ce que tu pourrais faire un slam ? Waouh, tu me prends au dépourvu. Oui, oui, je te challenge.

SAB
Oh là là, tu sais que ça doit faire trois ans que je n’ai pas slamé, genre vraiment. Ça fait très longtemps.

Ce slam, il s’appelle Les Failles. Et justement, bah, c’était après un concours de chant. Ouf, je n’avais pas chanté, du coup j’avais slamé. Mais il y avait un truc qu’on m’avait reproché. On m’avait dit : « Tu ne parles pas assez de toi, on ne sait pas vraiment qui tu es. » Et je m’étais dit : « Bah, je vais écrire un slam sur ce que je vois de moi en fait. »

Donc, c’était ce truc-là, et ça date de… là là, 2020 ou 2021. C’est vieux, quoi. Bon, je t’essaie de te le faire, je te garantis rien.

Slam de Sab

Le soleil se lève sur Paris, mais c’est toujours minuit dans nos regards. Je sais que tu attends que je détruise toutes les remparts que j’ai dressés pour me protéger des mauvais regards. Mais j’ai encore un peu peur, et tu sais, c’est pas si simple de se détacher de la douleur. Alors j’arrive en haussant les épaules vers toi, de peur que tu trouves trop vite les failles qui brûlent en moi. Et pourtant, je sais, on arrive à un moment où va falloir que je te dise les choses. Que je laisse entreouverte ta porte pour laisser la lumière passer, pour que tu puisses voir un peu à l’intérieur de moi tout ce qui est tant assé. Mais j’ai peur que tu aies peur, et tu sais, ce sera vertigineux, je préfère te prévenir. Il y a pas grand monde qui supporte qu’on puisse autant vieillir avant l’âge. Il y a pas grand monde qui supporte aucune promesse d’avenir. Il y a pas grand monde qui comprend le personnage. Mais si j’ai dû construire des remparts tout autour de mon cœur, c’est que je voulais laisser entrer personne, ni même le bonheur. C’est que je supportais plus qu’on puisse passer son temps à me rappeler à toute heure mes erreurs. Et j’ai une peau de chagrin et des larmes de sueur, parce que je me fatigue à la longue à essayer de comprendre le monde. Et je peux plus contenir ma colère, et elle finira par exploser sur la mauvaise personne. Et je m’en voudrai à mort, et même à vie. Excuse-moi vraiment, je sais pas ce qu’il m’a pris.

LSP
Il est très beau, ton slam, SAB. Merci.

Nous arrivons au terme de cet épisode, et je vous laisse en compagnie de la voix à capella de SAB. À très vite.

Biographie de SAB – L’artiste aux multiples facettes

SAB est une artiste pluridisciplinaire, à la fois musicienne, autrice-compositrice et slameuse, dont l’univers mélancolique et poétique séduit par sa sincérité et sa profondeur. Nourrie par une approche autodidacte de la musique et une passion pour les mots, elle construit un projet artistique intime, où l’émotion brute rencontre une sensibilité littéraire.

Parcours musical et influences

SAB a appris la guitare avec un professeur avant de se tourner vers le piano en autodidacte, développant ainsi une musicalité intuitive et personnelle. Ses compositions oscillent entre ballades mélancoliques au piano et morceaux plus rythmés à la guitare, reflétant ses états d’âme et ses expériences de vie.

Inspirée par des auteurs comme Aragon et Marguerite Duras, elle puise dans la poésie et la littérature une manière singulière d’écrire, où les mots se mêlent à la musique pour créer des récits intimes. Son slam, qu’elle pratique depuis ses débuts, influence également son approche de l’écriture, lui permettant d’explorer des rythmes et des débits variés.

Débuts et signature chez Panach Records

Repérée grâce à une publication acoustique sur Instagram, SAB signe avec le label Panach Records, où elle est accompagnée par une équipe dédiée, incluant son producteur Marc Postelvinet. Son premier EP, « Minuit », sorti en 2024, marque une étape importante dans son parcours. L’album explore des thèmes universels comme la solitude, les déceptions amoureuses et la renaissance, à travers des titres tels que « Tout ça pour rien » et « Rira bien ».

Un univers en constante évolution

Artiste engagée dans son processus créatif, SAB assume une écriture profondément personnelle, où chaque chanson est le reflet d’une expérience vécue. Son homosexualité, qu’elle revendique ouvertement, influence également son discours artistique, renforçant le lien avec un public qui se reconnaît dans son authenticité.

Sur scène, elle cherche à transmettre la même émotion que dans ses enregistrements, privilégiant une connexion directe avec son public. Ses réseaux sociaux, notamment Instagram, jouent un rôle clé dans cette relation, lui permettant d’échanger avec ses fans de manière spontanée et sincère.

Projets et collaborations futures

En plus de son travail solo, SAB exprime l’envie d’écrire pour d’autres artistes, citant des influences variées comme Stéphane, Claude ou encore Pierre de Maere. Son ambition ? Continuer à explorer de nouveaux horizons musicaux tout en restant fidèle à son identité artistique.

Avec « Minuit », SAB pose les bases d’une carrière prometteuse, où la musique, la poésie et l’introspection se rencontrent pour créer un univers à la fois fragile et puissant.

À suivre…

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