Sortie Album
~ Try & Succeed : Le cri, la cendre et la fleur ~

Auteur-Compositeur : Marc Verwaerde (sauf Father Marc Verwaerde / Ian Fonseca (duo with Helio Flanders) – Label : La Cinquième Roue du Cheval / ROY Music Mastering : Chab’ – Contact presse : Alice Nicolas (Alunisons Promotion) – Contact booking : booking@5horsesmusic.com
5 Horses – Try & Succeed : « Le cri, la cendre et la fleur »
Comment une hémorragie de l’âme peut-elle devenir le terreau d’une renaissance ? Avec Try & Succeed, 5 Horses dessine une géographie de l’intime en trois actes : l’extraction de la douleur, le dialogue avec les cendres et la manifestation lumineuse du présent.
L’album « Try & Succeed » est un traité de résilience, une architecture sonore bâtie sur les ruines du passé pour mieux contempler l’horizon. Entrer dans l’univers de 5 Horses, c’est accepter de franchir le seuil d’une demeure de verre bâtie en plein désert. On y entre avec la crainte de l’effondrement, on en ressort avec la certitude de la lumière. 5 Horses nous confie un manuscrit où chaque rature est une cicatrice et chaque vers une respiration conquise sur le vide sidéral ou l’on se sent poussière dans l’absolu.
Le corps comme sismographe
Le voyage débute dans la pénombre d’une chambre haute, là où les lignées se confrontent. On ressent, dès les premières pages de ce récit sonore, le poids d’une filiation qui ressemble à une montagne sacrée. Dans Father, le texte interroge l’absurdité du mouvement face à l’inéluctable : « Pourquoi voyageons-nous, quand nous savons que nous finirons comme toi / Comme un rocher enseveli dans le sable ? ».
Il y a ici une image d’une puissance tellurique : l’homme ne serait qu’une pierre que le temps érode ? Pourtant, c’est dans le creux de cette poitrine que l’auteur dépose ses armes : « Je trouve du réconfort dans ma poitrine quand je sais que je porte ton dessein dans mon cœur ». Le père n’est plus une limite, et la chanson devient la substance même du voyageur.
Cette présence-absence se prolonge dans Goodbye, une élégie qui ne dit pas son nom. On y perçoit la sensation d’une main qui lâche prise dans l’obscurité : « Dans le noir nous nous rencontrâmes, tentant l’esquisse d’un sourire / Conjurant le réel d’une mort intérieure ».
La rencontre est un « balbutiement », une promesse que seule la visite onirique pourra parfaire : « Je te rendrai visite dans tes rêves ». On est ici dans la poésie de l’invisible, où les départs ne sont que des mues.
L’épreuve du corps
Mais avant la paix, il y a le corps qui s’insurge. L’écoute et la lecture de « Release Me » nous plonge dans une synesthésie violente. On ressent ce « goût de fer dans la bouche », on voit cette douleur qui « déchire la tête jusqu’au sang ».
C’est l’allégorie du « blip », cette anomalie sur les écrans de contrôle, dans la machine humaine, cette « calamité » qui pèse sur le plexus solaire comme une chape de plomb.
L’auteur ne chante pas la souffrance, il l’extirpe. C’est un cri jeté contre les parois du silence pour que l’être s’allège enfin de son propre poids.
Ce dialogue avec l’absence culmine dans Goodbye, où l’on imagine une rencontre onirique pour apaiser les départs : « Prends soin de ceux que j’aime et je te rendrai visite dans tes rêves, juste pour célébrer ce balbutiement de rencontre ».
La fleur de cendre : le manifeste de l’insurrection douce
L’album atteint sa résolution la plus radicale dans le titre charnière : My Life Will Never Be the Same Again. Ici, le décor de désolation devient le terreau d’une autonomie féroce. L’aube impatiente se lève, insolente, sur les cendres de la veille. Déjà le soleil, implacable, étire cette ombre que l’on traînait comme un fardeau.
C’est le moment où la fleur force le destin : « Une fleur éclot dans cette terre aride ». Cette image n’est pas qu’une métaphore ; elle symbolise le refus de se laisser définir par autrui. On sort ici du folk contemplatif pour entrer dans une protest-song intime. L’homme brise le miroir des injonctions : « Mais on ne me dira plus jamais qui je dois être ».
La vie n’est plus un héritage subi, elle est une invention souveraine. L’espoir devient alors physiologique : « Je le sens à pleins poumons ». C’est le retour à une vitalité brute qui se moque des « diagrammes » et des routes tracées.
L’oasis et les étoiles
Enfin, l’œuvre s’apaise et s’ancre dans la beauté des instants ordinaires. L’amour apparaît dans Can’t Wait comme une « constellation heureuse », un alignement de planètes qui justifie chaque cicatrice. Les yeux de l’aimée sont un « miroir de mon âme », brillant d’une vérité.
Cette paix retrouvée s’exprime dans la simplicité d’un refuge : « Parce que tu es mon oasis / Mon refuge dans la tempête ». Que ce soit à travers un « dîner tranquille à deux » sous une pleine lune protectrice ou une « promenade le long de la Seine » (Perfect Love), l’album célèbre la guérison par le lien. La musique se calque alors sur le rythme d’une cage thoracique qui se déploie enfin librement.
« Try & Succeed » est un essai sur la métamorphose. C’est une œuvre d’une honnêteté désarmante, où chaque chanson semble être une vertèbre de cette colonne vertébrale enfin redressée.
On quitte cet album avec une sensation physique qui remplit les bronches : « Je le sens à pleins poumons ».
le 17/03/2026





